THE HUNGRY GHOST
Le fantôme affamé
Toutes ces choses dont on ignorait le besoin
On dirait qu’on les obtient à la fin.
On mesure le temps par le loisir et la cupidité
Et par le temps qu’on passe à dépenser.
Un lit flottant, une tête en pierre,
Une maison hyper connectée,
Un kimono corail au motif floral,
A la couleur et à la coupe sur mesure
Non, tout ça n’est pas gratuit
Mais c’est le prix à payer pour le bonheur.
Non, arrêtez de parler d’une telle vie
Rêvez d’un monde qui peut-être n’appartient encore à personne
Non, ne pensez pas à toute cette vie que nous manquons
Ravalez vos doutes quand votre faim devient dévorante
Vous faites semblant d’ignorer
Que même si on en veut toujours plus
Jamais nous ne pourrons rassasier le fantôme affamé.
Tous ces trucs que nous savons ne jamais vouloir
Il semble qu’on les obtient finalement.
On ne risque rien à dire que ça ne fait pas de mal
Mais pas quand on sait qu’on finit par tout jeter.
Tous ces objets dont on ignore le besoin
Il semble qu’on parvient toujours à les obtenir
On ne risque rien à dire que ça ne fait pas de mal
Mieux vaut posséder que différer.
Un écran 3D, une tondeuse
Qui se démarquent un peu de tous les hits du moment
Accros à la plus grande pièce dernier cri
Caprice design et faire les gros titres,
Non, tout cela n’est pas gratuit
Mais c’est le prix à payer pour le bonheur.
Non, arrêtez de parler d’une telle vie
Rêvez d’un monde qui peut-être n’appartient encore à personne
Non, ne pensez pas à toute cette vie que nous manquons
Ravalez vos doutes quand votre faim devient dévorante
Vous faites semblant d’ignorer
Que même si on en veut toujours plus
Jamais nous ne pourrons rassasier le fantôme affamé.
Nous savons que nous n’avons pas besoin de tout ça
Mais, c’est le prix à payer pour le Bonheur. Métamorphose
Parfois on dirait que j’ai arrêté d’être moi-même
Et, sans un mot, je me retrouve dans la peau d’un autre,
Empli de vœux, de désirs, de rêves et de soifs pour une vie
De vanité, de supercherie, de répétition et de réécriture,
Incertain de qui j’étais avant que ce moi et moi-même ne changent
Mais je sais que ce moi n’est pas vraiment le même.
Les amis deviennent des inconnus et les inconnus des amis
Et j’ai l’impression d’être accaparé par les questions
Oui, mes amis deviennent des étrangers et les étrangers mes amis
Et j’ai l’impression d’être perdu dans un mensonge.
Et mon monde ralentit de jour en jour
Et il devient plus froid, plus petit, plus vieux, et plus bas
Et, de jour en jour, mes petits plaisirs
Laissent la place aux sortilèges.
Oui, mon monde ralentit de jour en jour
Et il devient plus froid, plus petit, plus vieux, et plus bas
Et je suis fatigué d’être seul avec moi-même
Oui, je suis fatigué
Et j’en suis malade.
Dans le miroir, aucun de mes objets fétiches n’est beau
Mon image me fait hurler malgré un autre
Faux départ, sale, lessivé et usé
Avec des hauts et des bas, à terre, désavoué, si confus
Façonné dans la croyance selon laquelle mon moi est
Aussi identique que ces yeux dans le miroir mais
Je vois que mes yeux changent.
Les amis deviennent des inconnus et les inconnus des amis
Et j’ai l’impression d’être accaparé par les questions
Oui, mes amis deviennent des étrangers et les étrangers mes amis
Et j’ai l’impression d’être perdu dans un mensonge.
Et, nuit après nuit, mon monde s’accélère
Et devient plus léger, plus court, plus étroit et plus lisse
Nuit après nuit ma vérité est plus encline à oser
Oui, nuit après nuit, mon monde s’accélère
Et devient plus léger, plus court, plus étroit et plus lisse
Et je suis malade de rester seul avec moi-même
Je suis malade d’être seul avec moi-même
Je suis malade d’être avec quelqu’un d’autre.
Oui, j’en suis malade.
Je suis malade,
Je suis fatigué.