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Les titres

Interior Lulu   House

INTERIOR LULU
Intime Lulu

Allongée sur ton lit

Sous le portrait de Louise Brooks

Avec ton maquillage, ton ours en peluche

Et tes livres de C.S Lewis,

Une mauvaise graine,

Voilà ce que tu es !

Tu es une décadente dans une chrysalide

Qui, endormie, attend d’émerger.

Quand tu rendras visite à chacun de tes minables besoins

Au détour de tes pulsions obsessionnelles.

Toutes les ruses que tu déploies

Tous les aliments que tu refuses

Toute la poussière et l’air vicié qui remplissent les entrailles de Loulou.

Tous les comportements empoisonnés

Et l’attrait pour l’inconnu

Et les pis-aller que les démons utilisent

Pour s’approprier le monde,

Intime Loulou

Intime Loulou

Tous les courriels des jours de pluie

Quand tu es allongée sur ton lit

Une autre page virtuelle s’affiche

Un jour, tu te souviendras de moi,

Des chapitres que tu écris

Tandis que les voix résonnent dans ta tête

Dans le livre intitulé Des Vies Gâchées

Pendant ta lecture de Henry et Anaïs.

Tous les week-ends perdus en beuveries

Toutes les parties de baises minables

Toutes les déprimes sans sommeil qui rongent

Les Loulous intimes

Intime Loulou

Intime Loulou

Sers-toi de ta colère

Tu peux la mettre en peinture

Jettes-en les couleurs

Sers-toi de la douleur, sers-toi de la douleur.

Hurle encore ton inédite émotion

Qui consume ta peau

Tel le feu sur du papier

Qui brûle en tourbillons, qui brûle en tortillons.

Tu pensais ne jamais vivre ça

Mais ça t’arrive et tu te réveilles dans ta douleur

Tatouée en ce lieu intime

Les larmes et Microsoft

Qui te transpercent intimement.

Soudain tu te souviens

Que tu as déjà vécu ça quelque part

Tu soulèves le lit de la rivière

Là où tu n’as pas envie d’aller.

Tu l’as écrit tant de fois

Mais tu te lèves quand même et tu l’écris une nouvelle fois

Tu nous as tous ennuyé à mort avec ça

A qui vas-tu parler

Quand tu n’aurais plus rien à vendre ?

Elle dit qu’elle est seule

Elle dit qu’elle me connaît

Mais elle est une voie à sens unique.

Elle m’a raconté ce que je sais déjà.

“Ce qui peut se faire sur place peut s’emporter

Ce qui peut se faire sur place peut s’emporter

Ce qui peut s’acheter, s’achète

Ce qui peut s’acheter, peut se voler

Ce qui peut se briser

Est déjà brisé ».

En ce moment, je peux supporter t’entendre d’autres gens parler

Tant de conversations vides

Quel gâchis de lèvres !

Ces jours-ci, je peux supporter d’aller sur Primrose Hill

Pour regarder la ville d’en-haut

Ce cœur qui pompe les rues.

Dans nos couloirs de course,

On se félicite d’être connectés

Sans toucher

Remerciez Dieu pour Internet.

Les yeux rivés sur les écrans

Toute notre vie,

Quel gâchis pour les yeux !

Jusqu’à ce que l’orage fasse sauter les plombs

Et on est là, abasourdis, à regarder tomber la pluie.

Toute la confiance et l’attention ébranléeq

Qui se rouillent et tournent en rond

Tout cet or sous ma peau

Qui brille tel le péché enfoui quelque part en moi

Enfoui si profondément,

Si profondément

Que je ne peux pas dormir pour ces Loulous intimes.

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HOUSE
La maison

Cette maison de douleur

Qui siffle sa mélodie.

Après tant de bruit

La liberté, c’est le silence.

Il manque la moitié de la maison

Et, avec elle, une moitié de moi-même

Ça, je l’avais imaginé

Mais pas avec une telle douleur

Pas avec une telle douleur.

J’ai toujours la hi-fi

Silencieuse, à tous les niveaux.

Tandis que mes mornes pensées

Raisonnent, visqueuses et lentes, comme le marteau d’une grosse cloche sous l’eau.

Quand elle crie, elle me cisaille

Et quand elle sourit, j’ai envie de mourir

Par peur de me révéler à moi-même

Dans nos cachettes, nos yeux restent écarquillés.

On regarde sans voir

On regarde sans voir.

Les fenêtres ouvertes

Laissent passer l’air du printemps,

Et les oiseaux chantent leurs innocentes mélodies, joyeuses et reconnaissantes.

Mais ici le silence trouve un moyen de perdurer

Comme une sorte d’explosion.

Dieu, si tu m’entends

Aide-moi ou enfonce-moi

Est-ce que tu refuses de jeter l’opprobre ?

Allez, fais de ton pire

Mais enlève ce sort.

J’ai bâti cette maison sur de solides fondations

Mais elle part en miettes aujourd’hui

Quelqu'un va-t-il demander de l’aide,

Pendant qu’elle s’effondre sur elle-même ?

On regarde sans voir,

On regarde sans voir.

S’accrocher à cette douleur

Ce n’est pas bien

Ce n’est pas bien

Mais on s’accroche,

Encore et toujours.

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