Elle venait souvent chez moi Et dansait dans le couloir Avec la musique à fond Contre la lumière sur le mur.
Je dansais à ses côtés Sans aucune honte Nous étions en costume Et c’était un jeu.
Elle portait souvent sa jupe faite de chiffons Le haut du parapluie s’était détaché Alors je l’ai remplacé.
Puis nous dansions Un affreux ballet Elle avait 20 ans de plus que moi Et pourtant, c’était notre jeu.
Elle avait 20 ans de plus que moi Et bien plus grande que moi Mais je me souviens de ses petits pieds Et de l’expression dans son regard.
Quand je la voyais, Elle me fabriquait une poupée de rubans, d’encre et de papier, Et de dentelles, je m’en rappelle.
Je dansais à ses côtés Sans aucune honte Nous étions en costume Et c’était un jeu. Je pense à elle maintenant que j’ai grandi J’aime toujours danser Quelque chose brillera toujours dans ton corps Si tu lui en laisses la possibilité.
Ooh Si j’étais une arme Tu me disais que je serais un fusil Au coup mortel à bout portant, je présume Avec un silencieux et à effet paralysant.
Mais moi je me vois plutôt comme une aiguille Qui tire toujours le fil Qui répète toujours le même point Et se demandant si tu as entendu ce que je viens de dire.
Si tu étais une arme Tu serais sûrement un marteau Au bout émoussé et lourd Qui s’abat sur mon crâne.
Mais mon arme, je l’ai cachée Dans une attaque au couteau de poche Toute repliée sur elle-même jusqu’à que tu puisses te rendre compte de son éclat Et que tu en redemandes.
Ooh Si j’étais une arme Tu me disais que je serais un fusil Au coup mortel à bout portant, je présume Avec un silencieux et à effet paralysant.
Bon, alors si je suis cette arme Que je pointe vers toi à présent Alors relâche l’otage et nous parlerons Jusqu’à nous comprendre.
J’ai rêvé que tu étais un homme riche, Et que je n’avais nulle part où aller. Je venais vers toi, pour voir si tu pouvais m’accueillir Dans les rideaux dorés dont tu m’as parlé, que tu me préviendrais.
Tu bois pour 10 et tu fumes pour 20 Et ton cœur inconstant ne sera jamais fidèle Mais pourtant je sens le vent qui vient du port Et c’est alors que je reconnais mon attirance de longue date pour toi.
Je t’ai vu dans les yeux de mon âme C’était ton dernier jour, tu étais allongé Je faisais la queue pour voir encore une fois ton beau visage Ce fut si précieux pour moi, et je t’ai embrassé.
Alors partout où je voyage, Que ce soit en Angleterre, au Portugal ou en Espagne, Et quand je longe les chantiers navals et les ports, Je retrouve le sel et le rhum de la baie, et, encore, ton fantôme J’ai senti le sel et le rhum de la baie, et toi, toujours, à mes côtés.
Suis-je un passe-temps de l’après-midi, Un objet sur une corde Que l’on jette et que l’on récupère Comme un coup de téléphone reçu Un jour d’anniversaire ? Que l’on taquine et que l’on charme A qui on dit bonne nuit Et puis à qui on dit au revoir ?
Suis-je un jouet sur un plateau ? Un doux morceau d’argile ? Reine ou clown d’un jour ? Machine ballerine ? Soldat d’étain ? Si loyal, Pendant que toi, tu es là, assis, royal, Et que moi, je suis mise à l’écart ?
Pour ta lecture D’approbation Et ton possible Refus Je suis une distraction Je suis une marionnette pour ton jeu.
Suis-je ton magazine Mad ? (1) Ton trampoline ? Ta pin-up des flippers? La fille de tes fantasmes Sur des pièces de puzzle ? Mais aucune ne correspond Nous assemblons des esprits et non des cœurs On m’entend mais on ne me voit jamais.
Pour ta lecture D’approbation Et ton possible Refus Je suis une distraction Je suis une marionnette pour ton jeu.
Mad est un magazine satirique américain créé par l'éditeur William Gaines et le rédacteur et auteur Harvey Kurtzman en 1952. Ouvertement destiné aux jeunes lecteurs, le magazine caricature la culture pop américaine et se moque aussi bien des travers politiques modernes que ceux sociaux - Wikipedia
SOLITAIRE Le solitaire
Le noir sur le rouge et le rouge sur le noir. C’est le tic d’un esprit fatigué. Viens t’assoir, teste ta chance, Vois si cela t’amuse.
N’utilise jamais tes trois et tes deux, Suis ta superstition. Sinon tu vas perdre, La compulsion te fait écouter.
Prends ce qui ne colle pas, et arrange-toi pour que ça colle, Tisse-le comme une prière Tu te demandes si toi, tu vas y passer la nuit, A jouer au solitaire ?
Quand tu penses que tu es fini, retente ta chance, Comme un savant idiot, Provoque-la ta chance, tu vois, tu as presque gagné. Débats-toi avec ton envie.
Le Valet sur la Dame, et le Dix sur le Valet. C’est une suite heureuse. Toi et ton destin dans une sorte d’échec et mat. Et tu es ta seule compétition.
Prends ce qui ne colle pas, et arrange-toi pour que ça colle, Tisse-le comme une prière Tu te demandes si toi, tu vas y passer la nuit ? A jouer au solitaire ?