
L’homme fil de fer
Ce n’est pas mon ami mais il m’accompagne
Comme une ombre, le pied en lambeaux
J’ai sa main dans le dos quand je marche sur le trottoir
Ou quand je descends ces sombres couloirs.
C’est l’homme fil de fer
Qui me donne rendez-vous
A tel endroit,
Mais je ne sais pas à quelle heure.
Je sens son regard sur moi quand je
Ne m’attends pas à le voir
Sur la banquette arrière du taxi sur Vestry Street
Il a son bras autour de ma taille et il m’attire vers lui
Il murmure des choses si douces à mon oreille.
C’est l’homme fil de fer
Qui me donne rendez-vous
A tel endroit,
Mais je ne sais pas à quelle heure.
Il n’est pas mon ami mais il m’accompagne
Et il me promet une paix que je n’ai jamais connue
Mais je ne peux pas m'abandonner, non, je dois le rejeter
Mais serais-je vraiment capable de résister à ce baiser si vrai ?
C’est l’homme fil de fer
Qui me donne rendez-vous
A tel endroit,
Mais je ne sais pas à quelle heure.
Match fortuit
Je me suis juste retournée pour voir
Quelle était la main qui avait créé ce champ intérieur
Eclairé par la flamme, je vois
La silhouette d’un homme dans la nuit.
Tu peux reprendre ton amitié
Je n’ai pas besoin de boire ce truc amer
Il vaut mieux que je coupe la corde
Qui nous enchaîne, et admettons que l’on bluffe.
Un match fortuit
Dans un champ très aride
Peut-il produire le rendement d’une saison ?
Un match fortuit
Dans un champ très aride
Peut-il produire le rendement d’une saison ?
Mon regard a viré au charbon
Rien qui puisse me préoccuper
J’attends le moment
Où la chaleur de l’amour deviendra le frisson du doute.
Un match fortuit
Dans un champ très aride
Peut-il produire le rendement d’une saison ?
Un match fortuit
Dans un champ très aride
Peut-il produire le rendement d’une saison ?
Un match fortuit
Dans un champ très aride
Le feu et les cendres
C’est le rendement d’une saison.
J’attends le signal
Mais il ne vient pas
Le feu et les cendres
C’est le rendement d’une saison.
Les bas
“Je me fiche des collants”, me dit-elle
Mais sans me dire pourquoi.
Elle relève sa jupe au-dessus du genou
En laissant voir une cuisse brune.
“Je vois”, je lui réponds,
Et je m’étonne à la vue de ses sveltes petits doigts
Et de la façon habile de se mouvoir
Par les fils de récents sommeils.
Sais-tu où finit l’amitié
Et où commence la passion ?
Entre l’attache de ses bas et de sa peau.
Elle a veillé si tard que j’ai cru
Qu’elle me demanderait d’aller danser
Mais quelque chose dans sa façon de rire
M’a fait dire que je me trompais.
On disait dans sa famille
Qu’elle n’avait jamais été très jolie
Moi je lui disais que si
Mais je n’ai jamais vu ce que ça lui coûtait.
Sais-tu où finit l’amitié
Et où commence la passion ?
Quand le gin tonic
Commence à faire tournoyer le décor.
Il y a peut-être de l’attraction ici
Mais jamais elle ne fleurira
Je suis donc assignée à lire dans son âme aujourd’hui
Dans ces heures fatales.
Il n’y a pas de jeu qui tienne pour ceux qui affirment
Etre facilement meurtris
Mais comment puis-je me plaindre
Quand elle est si facilement charmée ?
Sais-tu où finit l’amitié
Et où commence la passion ?
Quand elle ne te montre ni l’entrée ni la sortie
Entre l’attache
De ses bas et de sa peau.
Caramel
Ça ne marche pas
De rêver au caramel
De penser à la cannelle
Et de se languir de toi.
Ca ne marche pas
De secouer un désir profond
De ventiler un feu caché
Qui ne brûle vraiment jamais.
Je connais ton nom, je connais ta peau
Je sais comment les choses ont commencé
Mais je ne sais pas comment vivre avec moi-même
Ce que je peux offrir de moi si tu ne pars pas.
Alors au revoir
Petit appétit
Une seule bouchée
Ne saurait suffire.
Je connais ton nom, je connais ta peau
Je sais comment les choses ont commencé
Mais je ne sais pas comment vivre avec moi-même
Ce que je peux offrir de moi si tu ne pars pas.
Ça ne marche pas
De rêver au caramel
De penser à la cannelle
Et de se languir de toi.
Portraits
Sur la pancarte on lisait « portraits »
Et c’était tout
La photo d’un garçon
Et un numéro où appeler.
Deux yeux dans l’ombre
Une bouche si triste et si mince
Bizarre la manière dont une ombre
Peut tapisser le mur.
Et fait la difference
Avec ce qu’on voit.
Ce n’est qu’une affiche mais
Il est partout
Un visage sous un réverbère
Déchirée et flottant dans l’air
Tu tournes au coin de la rue
Mais il est toujours là
A regarder tous les gens
Qui passent, inconscients.
Y-a-t-il un jugement
Sur ce qu’il voit ?
Une journée
Si froide
Et grise
Comme aujourd’hui.
Sur la pancarte on lisait « portraits »
C’est tout ce que je vois
Un garçon qui devient photographie
De culpabilité et de sympathie
Et alors je pense à toi
En souvenir
Des jours passés ensemble
Et je savais que tu m’aimais.
C’était la difference
Dans ce qu’on voit
C’est de l’histoire ancienne.
Ma prune préférée
Ma prune préférée
Elle est en suspens, si loin de moi
Regarde comme elle dort
Et entend comme elle m’appelle.
Regarde comme la chair
Presse la peau
Elle doit éclater
Et faire jaillir ses secrets.
Et j’ai vu toutes les autres, oui,
Mais elle, elle est pour moi.
Regarde comme elle brille
Elle va être si sucrée
Je suis si sèche
Qu’elle va combler mon cœur.
Regarde comme elle se pose,
Allanguie et lente
Elle ne me remarque jamais
Quand je suis sous elle allongée.
Et je vois le meilleur, oui
Et c’est la meilleure pour moi.
Peut-être qu’une fille la prendra
Peut-être qu’un garçon la volera
Peut-être que la secousse d’une branche
La réveillera et la fera tomber.
Ma prune préférée
Gît, elle m’attend,
Et je serai là
A me languir indéfiniment.
Tu me dis que je suis
Stupide d’y croire
Mais elle sera mienne
Et je sais qu’il le faudra.
Car j’ai eu tout le reste, oui,
Et celle-ci, elle est pour moi
J’ai vu le meilleur, oui,
Et c’est la meilleure pour moi.